Sur la route

Et si c’était moi…

Je voulais te parler de mon samaritain.

Tu avais remarqué que le bon samaritain, celui dont Jésus nous parle dans la Bible, ne correspondait pas, mais alors pas du tout aux critères du juif blessé ? Étranger, pas la même couleur, que ce soit culturelle ou religieuse, pas la même terre, pas les mêmes habitudes, pas les mêmes vêtements ou le même coiffeur… plutôt ennemi qu’ami.

Mon samaritain à moi n’était pas non plus dans mes critères . Si j’avais eu le choix, ce n’est pas celui que j’aurais choisi. Il ne correspondait pas à mes « standards ».

A choisir, il ne m’aurait pas remarquée, ou peut-être même évitée si je n’avais été blessée : pas dans ses standards à lui non plus.

Et pourtant, alors que j’étais à terre, assommée, essayant de comprendre ce qui s’était passé, essayant de savoir si ma tête était toujours sur mes épaules, si j’étais capable de parler, de marcher… c’est lui qui s’est arrêté, qui s’est inquiété, a attendu, changé son parcours, ses plans pour me ramener chez moi … et ce n’était pas juste à côté.

Il a fait fi de son programme pour s’installer dans mon programme … et faire de moi son « prochain », celle à secourir, celle à prendre soin, celle à aimer…

Alors, quand, encore assommée, je suis montée dans la voiture que je n’aurais pas choisie, mon cœur a débordé de joie, d’une joie venue de je ne sais où (ou plutôt si… je sais très bien qu’elle venait de Lui…) Au-delà des douleurs, j’en riais toute seule. C’est cette joie qui m’a permis, tout le long du trajet de retour, de les bénir, lui et son épouse. C’est cette joie qui me faisait les aimer… c’est cette joie qui m’a permis de me rendre compte qu’il peut être bon d’être le « prochain » de quelqu’un, la source qui permet d’être à la fois bénie et bénissante.

A leur tour, ils ont été mes « prochains », ceux que j’ai pu confier à mon Dieu. Ceux que j’ai pu bénir au nom de mon Dieu en sachant qu’il en prend bien soin.

Et puis, va savoir, tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu, n’est-ce pas ?

Peut-être que ce jour-là, leurs cœurs avaient besoin d’une bonne action ? Leurs cœurs avaient peut-être besoin d’aimer ? Leurs cœurs avaient peut-être besoin d’une bénédiction ? Leurs cœurs avaient peut-être besoin de se sentir aimés, acceptés ?

Et finalement, si c’était moi qui avais été leur bon samaritain aussi ?!?


« Et Jésus demande : « À ton avis, lequel des trois voyageurs a été le prochain de l’homme attaqué par les bandits ? » Le maître de la loi répond : « C’est celui qui a été bon pour lui. » Alors Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais la même chose ! » » Luc 10. 36-37

PS Je dois quand même te dire que par la suite, pendant au moins 25 min, là où je suis tombée, plus aucune voiture n’est passée.

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2 Comments

  • eve.

    Magnifique! cette manière de mettre au diapason ton expérience de chute avec celle du bon samaritain. Tu permets à tes lecteurs de s’identifier … et rends La Parole plus accessible. bisous Eve

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