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Retour au P’tit Bois
Tu te souviens du « P’tit bois derrière chez moi » ?
Je n’y étais plus retournée depuis … trop longtemps.
Pour un temps, j’ai préféré les berges romantiques des bords de l’eau plutôt que l’ombrage épais de ses arbres. Et puis, on m’avait dit que quelqu’un y avait vu le loup et du coup, j’ai remis ma couronne de reine des peurs.
Et il n’y a pas que dans les bois que j’ai remis ma couronne : une fatigue persistante, des douleurs vagabondes, des muscles tendus, des doutes sur mes capacités, mon âge …
Et l’oiseleur s’est fait un malin plaisir à me prendre dans son filet.
A tel point que j’ai passé une nuit aux urgences avec de vrais symptômes… et rien de déclaré. Un menteur avait empoisonné mes pensées.
Ça m’a servi de leçon et rassurée finalement.
Mais le jour d’après, c’est la migraine qui s’est invitée pour m’assommer. J’aurais pu ne pas bouger, rester paralysée. Mais étonnamment, par je ne sais quel coup de boost (ou plutôt oui, je sais par qui…), j’ai décidé de ne pas me laisser faire.
J’ai mis mes baskets, juste elles et moi. Pas d’écouteurs à mes oreilles pour me distraire ou m’empêcher de penser. Et je suis partie dans le p’tit bois pour régler mes comptes avec mon Créateur. Je n’arrivais plus à le rejoindre, à le retrouver. Mes pensées étaient prises par tant d’autres choses tordues et je voulais savoir pourquoi.
Je n’avais aucun objectif, juste arriver jusqu’où j’aurai pu, même 100 mètres, puis faire demi-tour. Parce qu’il faut dire que ça n’est pas tout plat dans mon p’tit bois et que ma forme physique était à -0. Mais je voulais juste le faire… me mettre en marche et passer à autre chose.
J’avais juste oublié comme il pouvait être beau le p’tit bois !!!
Il était plus vert, plus dense, plus enveloppant que dans mes souvenirs. Il faisait pour moi comme un cocon où je me sentais accueillie, bienvenue, protégée.
Tout était au rendez-vous : le soleil à travers le feuillage, les ruches colorées, les lianes accrochées très haut comme si Tarzan était passé par là, la petite maison dans les bois, les arbres amoureux …
J’avais raté la saison des perce-neige, celle des pervenches, et le muguet arrivait au bout. Tant pis. J’ai fait un bouquet de tout le reste et même du muguet.
Et puis, soudain, j’ai reconnu le virage, celui où, en général, je fais demi-tour pour redescendre. Ils avaient dû raccourcir la route parce qu’il a été là bien plus vite que je ne pensais… et sans efforts !!!
En fait, alors que je me croyais faible, sans forces, fatiguée, j’étais arrivée bien plus haut que ce que je pensais !!!
Première victoire sur mes peurs au sujet de ma forme !!!
« Te revoilà enfin, Milvia ! »
Lui aussi était là. Il m’y attendait. A la montée déjà, j’ai commencé à sentir Sa présence.
Je pensais que ce qui me coupait de Lui était le péché. J’ai cherché de ce côté-là, mais Il m’a fait vite comprendre qu’en réalité, c’étaient mes peurs qui mettaient une barrière entre Lui et moi.
Lui, c’est le Prince de Paix, pas de la peur.
Petit à petit, sans m’en rendre compte, les circonstances aidant, j’avais échangé ma couronne de paix contre la couronne des peurs. Et c’était pas bon.
Alors, fière de ma première victoire et de ce que j’avais compris, en redescendant, je L’ai laissé changer ma couronne des peurs, contre Sa couronne à Lui, celle de la Paix.
Et toi, quelles sont tes peurs ?
« L’eau nous noyait complètement, un torrent nous entraînait, et l’eau bouillonnante passait sur nous.
Merci au SEIGNEUR ! Il ne nous a pas laissés comme une bête entre leurs dents.
Mais comme un oiseau, nous avons pu nous sauver du filet des chasseurs, le filet s’est déchiré, nous nous sommes sauvés.
Notre secours, c’est le SEIGNEUR lui-même, qui a fait le ciel et la terre. » Psaume 124.4-8
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Tu sais c’est quoi aimer quelqu’un?
– Milvia, tu sais c’est quoi aimer quelqu’un ?
– ?????
C’est pas tant la question qui me surprend que celle qui me la pose !
Il faudrait que je puisse philosopher, répondre toute une tartine avec plein de mots « savants ». Il faudrait que j’aie le temps d’y réfléchir.
Mais avec elle, pas de mots compliqués, pas de phrases trop longues, pas de temps de réflexion. La réponse doit être claire et rapide. Les choses compliquées, elle ne comprend pas. Elle est comme ça : simple et « volatile ».
Alors, comme j’ai l’habitude avec elle, je lui renvoie sa question :
– C’est quoi ?….
Je m’attends à une réponse qui va me faire sourire, ou comme souvent, qu’elle passe à autre chose, sans réponse. Mais ce qu’elle me dit me laisse sans voix :
– C’est faire du bien à quelqu’un !
Elle a été chercher où ça ?!?!
Dans les langages de l’amour de Gary Chapman ? Pas possible, elle ne lit pas.
Entendu à la télé ou à la radio ? Possible pour la question, mais pas pour la réponse !
Mais peu importe, c’est tellement vrai. Simple et vrai, comme elle en fait !
Simple. Aimer c’est ça, juste ça : vouloir le bien de l’autre. Tu te vois aimer quelqu’un en lui voulant du mal ?
Parce que l’amour a ceci de sacré, c’est qu’il comporte en lui-même du bien pour l’autre. Aimer c’est être deux : l’aimant et l’aimé, l’aimé et l’aimant. L’amour sans l’autre c’est pas de l’amour. Et L’amour sans actes, c’est… du bla-bla.
Parce que dire « je t’aime », c’est à la portée de tout le monde. Et c’est parfois juste pour espérer entendre l’autre te répondre « moi aussi ». On est content… et ça s’arrête là. Mais tu n’en es jamais sûr parce que tu attends que ça soit prouvé.
Facile les mots, moins facile de faire du bien à quelqu’un en sachant qu’il ne te dira peut-être jamais « je t’aime » ou tout simplement « merci ».
Moins facile encore d’aimer selon les critères de Jésus : aimer même ceux qui ne t’aiment pas, pire, qui sont tes ennemis.
Ça veut dire poser des actes d’amour aussi envers ceux qui ne t’aiment pas ?!? OUPS !!!
Et pourtant…
Tu vois, si Dieu te disait qu’il t’aime et que ça s’arrêtait là… juste aux mots ? Comment croire à ce Dieu-là qui ne manifeste rien ?!?
Parce qu’il est Dieu, tu attends un peu de Lui… qu’il t’aime, non ?
Aimer c’est l’essence même de Dieu, c’est son domaine, sa spécialité, et il sait de quoi il parle. Il le sait et il l’a prouvé … en actes :
« Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne soit pas perdu mais qu’il ait la vie éternelle. » Jean 3.16




