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La plus drôle
J’ai mis plusieurs jours à trouver le mot exact pour définir ce sourire qui était apparu sur son visage d’enfant. Sourire qui avait commencé timidement et s’était déployé de plus en plus jusqu’à ce que je voie presque ses amygdales au fond de sa petite gorge.
Il se foutait de moi …?!? Je sais bien que je ne chante pas toujours très juste et surtout que je n’étais pas en train de chanter le chant le plus adapté pour un enfant de 6 ans au moment du coucher ! Mais non. Ce sourire, c’était autre chose. Autre chose que je n’arrivais pas à définir : ni de la moquerie, ni du contentement, ni de la joie…
Tout avait commencé au moment de le mettre au lit. Il voulait que je lui lise un livre, question de retarder l’heure du coucher, comme d’hab’.
Je m’attendais à lui lire une de ces histoires de super héros qu’il affectionne tant et de devoir ensuite chanter la chanson qui va avec et que je dois inventer la plupart du temps.
Mais, ô surprise, ne voilà-t-il pas qu’il me tend un livre style super-héros oui, mais le super-héros en question n’est personne d’autre que Jésus !
En fait, ce livre ne faisait que raconter l’histoire du salut … adapté aux enfants, et se terminait par une question : « Veux-tu faire confiance à Jésus ? ».
A la moitié de l’histoire, il faisait déjà autre chose. J’ai pensé qu’il n’était plus intéressé. Mais non… il fallait que j’aille jusqu’au bout, jusqu’à la fameuse question.
« Mon Loulou, veux-tu faire confiance à Jésus ? » . D’une petite voix distraite, il me répond : « Oui. » Je n’y croyais pas trop tant il a répondu en trafiquant autre chose.
Mais au moment de le border dans son lit, les questions ont commencé à fuser : « Comment il est Jésus ? Comment on peut le voir ? Comment il fait pour guérir s’Il n’a pas de mains ? … » et je te passe toutes les questions qui peuvent courir dans la tête d’un enfant de 6 ans qui n’a pas envie de dormir !!!
En désespoir de cause, je lui ai proposé de prier pour que Jésus se révèle dans son cœur… (et en même temps, dans mon cœur à moi, je demandais à Jésus de faire quelque chose parce que là j’étais mal barrée si rien ne se passait !)
Pour retarder encore un peu plus le moment du coucher, il m’a demandé de lui chanter une chanson de Jésus (ça aussi c’était nouveau mais au moins je n’avais pas trop besoin d’inventer).
Et c’est à la deuxième chanson (ben oui, il fallait encore retarder le moment de d’éteindre la lumière…) que le fameux sourire a commencé à apparaître. Timide d’abord, puis de plus en plus grand, la bouche démesurément ouverte, sans qu’aucun son n’en sorte… Jusqu’à ce que lui aussi se demande pourquoi il riait autant alors que rien ne le poussait à rire !!!
Là, j’ai compris. J’ai compris que Jésus répondait et qu’Il rendait visite à son petit cœur d’enfant. Jésus était au rendez-vous et son cœur le reconnaissait !!!
Ça n’est que quelques jours plus tard que j’ai trouvé le mot exact pour ce fameux sourire : EMERVEILLÉ !!! Son cœur avait été émerveillé par la visite de Jésus.
Comme pour moi à peu près au même âge, Il était venu dans son cœur d’enfant et j’ai pu voir dans les semaines qui ont suivi qu’Il n’était pas reparti. Une vie nouvelle s’est installée dans le cœur de mon petit bout de chou.
Plus tard, lorsque je lui ai offert sa première Bible, il m’a dit que c’était justement le livre qu’il voulait !!!
J’aime tellement les réponses de Dieu et Sa fidélité !!! J’aime son Amour pour chacun de nous, Son attention aux moindres petites choses et les façons si différentes de nous surprendre.
J’aime ses réponses à nos prières. Alors, les Amies, ne nous lassons pas de prier !
PS Quelqu’un m’avait dit une fois qu’on ne peut pas enlever les cailloux sur la route de nos enfants mais qu’on peut leur donner de bonnes chaussures. Quelles meilleures chaussures que celles de Jésus ?!?
« Jésus leur dit : — Laissez donc ces petits enfants venir vers moi et n’essayez pas de les en empêcher, car le royaume des cieux appartient à ceux qui leur ressemblent. » Mathieu 19.14
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Boxeur de rues
On est juste deux dans la salle d’attente : le boxeur de rues et moi. En tout cas c’est ce qui est écrit sur son sweet… et ça lui va bien. Le regard sombre, la barbe longue, les épaules massives, grosses baskets… il ne me regarde pas. Et moi non plus d’ailleurs… ou juste du coin de l’œil. Je ne me sens pas trop rassurée. Ça fait déjà trois fois qu’il se lève pour essayer de comprendre son erreur de rendez-vous à la réception. Il semblerait qu’il a le même horaire depuis de longs mois et aujourd’hui… il se serait trompé !?!
Et justement, aujourd’hui… je suis là.
A ses pieds, une sorte de glacière de voyage. A quoi ça peut bien servir une glacière chez le physio ?!? Je le comprends quelques minutes plus tard lorsqu’on vient brancher la soi-disant glacière à l’attelle qu’il porte à l’épaule. Ça m’intrigue.
Mon tour arrive très vite et je rejoins la salle de soins le laissant seul dans la salle d’attente, en tête à tête avec sa glacière. Je ne pense pas le revoir.
Quarante-cinq minutes de traitement plus tard, j’ai fini et en repassant par la salle d’attente… ô surprise, il est toujours là, tranquillement assis sur le canapé avec sa glacière qui ronronne à ses côtés !!!
J’essaie de m’éclipser discrètement pour ne pas déranger, lorsque j’entends : « Au revoir Madame. » au moment de remettre mes chaussures.
Et là, va savoir ce qui m’a pris !!! Au lieu de juste lui dire au revoir et de m’en aller normalement, c’est comme si on m’avait prise par les épaules et forcée à me retourner en face de lui.
Je m’entends lui dire avec une pointe d’humour : « Mais, qu’est-ce qu’on vous fait, on vous regonfle les muscles ?!? ». (Oui, je sais c’est un peu idiot !)
Comme s’il n’attendait que ça, il commence à me raconter son histoire. Comment il a écrasé sa main sous un énorme poids. Les complications qui en ont suivi. Le travail qu’il ne peut plus assumer. Le bras qu’il n’arrive plus à lever. Le sommeil difficile, les douleurs, etc… (J’ai appris que la glacière était en fait de la cryothérapie qui soulageait un peu ses douleurs.)
Plus il me parle, plus mon cœur est pris dans un élan incontrôlable, comme une rivière qui me submerge. Il est noyé de compassion en fait.
J’entends : « Prie pour lui ».
Alors, je choisis la version sans risques, et je lui dis que j’ai des moments où je prie et que dans un de ces moments-là, je prierai pour lui.
Ô surprise (bis) !?!
Il pose sa main sur son cœur et me dit qu’il est très touché et que c’est la deuxième fois que ça lui arrive en une semaine. Quelques jours auparavant, c’était dans un magasin. La vendeuse a entendu un coup de téléphone qu’il avait eu avec je ne sais plus qui et elle lui a proposé de prier pour lui, simplement, sur le trottoir devant le magasin.
Là, j’ai un sursaut d’orgueil et je me dis que je ne vais pas avoir moins de foi ni moins d’audace que la vendeuse dans son magasin, non ?!? Et que j’allais faire comme elle, prier de suite !
Et là, dans le hall d’attente, en face de la réception où se tient la secrétaire, je m’assieds à côté de lui, je pose ma main sur son épaule (doucement qu’il me dit) et je prie sans chichis… pour sa guérison, pour ses douleurs, mais aussi et surtout pour que Jésus se révèle à lui… (parce qu’il me semblait que c’était un peu ce que Dieu cherchait)
Tu sais quoi ?!?
Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi reconnaissant !!! La main sur le cœur à nouveau, il n’a cessé de dire que ça lui faisait du bien là, dans le cœur, que ça lui faisait chaud dans le cœur. Il m’a remerciée je ne sais combien de fois, d’un cœur sincère et heureux.
Je suis partie reprendre le cours de ma journée mais avec l’impression du devoir accompli. En paix.
A-t-il été guéri ? A-t-il rencontré Jésus ?
Je n’en sais rien parce que je ne l’ai plus revu. Il s’était trompé d’heure ce jour-là, tu te souviens ?
Et moi, justement j’étais là.
Et mon rôle à moi, c’était juste de prier.




