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C’est si simple !
« Des années. Des années, Seigneur, que je prie pour trouver quelqu’un qui partage ma foi dans ce coin de paradis où je passe mes étés !
Bien sûr que je prie pour l’un, l’une ou l’autre. Bien sûr ils reçoivent l’intention, mais de là à partager avec un cœur ouvert Ton Amour de Père… il y a un gouffre encore !
Sauf que cet été … eh ben, je ne m’attendais pas à ça !!! »
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Je l’avais rencontré il y a 3 ans à la fête des voisins. Il venait d’emménager dans le quartier. Ouvert, intéressant, il avait le contact facile.
Je l’ai revu l’an passé. Juste une fois. Il m’avait donné un avis sur Israël, lui qui est né au Moyen-Orient, et j’en avais été surprise. Ça tranchait avec tous les qu’en dira-t-on du moment. Je m’étais promise d’aller le trouver, mais les vacances sont passées trop vite.
Cette année, pas de fête des voisins, car toute la famille a débarqué chez nous en trombe !
Mais, je l’ai croisé un jour sur le chemin du retour du marché. Il avançait lentement, avec peine. Vu son trèèès grand âge, ça ne m’a pas étonnée. Je l’ai attendu pour traverser la route et il m’a reconnue :
« Vous êtes ma voisine ?!? »
J’en ai profité pour reprendre la conversation laissée en suspens l’année dernière. Il m’a alors dit qu’il était seul la journée mais qu’il passait son temps avec Le Père. Tu penses bien que j’ai pas hésité longtemps à aller le voir !!!
« Alors, c’est là que tu m’as préparé une surprise, Seigneur ! »
On a parlé de nous, de lui, de sa vie au Moyen-Orient si différent d’aujourd’hui, de sa famille, de ses souvenirs d’un autre temps. Et puis, vu qu’on a le même Père, on a prié. Comme il ne voit plus très bien, je lui ai lu un psaume. J’ai prié comme moi je le fais d’ordinaire, avec mes mots, en spontané. Il en a pleuré. Et puis, il m’a dit que c’était à son tour de prier à sa façon (il dit que les différences sont une question d’éducation et que ça n’est pas important) en me faisant écouter un chant : You rise me up.
Alors là, dans son salon, lui avec sa voix toute éraillée par le temps et moi avec la mienne qui vaut ce qu’elle vaut, on a chanté ensemble… tout simplement.
« Et Seigneur, tu étais là !!! Autant lui que moi on a senti ta présence, tellement réelle, tellement forte. On a senti Ton Amour, là, tout près de nous, alors, on a pleuré !!! »
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Tu vois, toi qui me lis, j’ai compris une chose : mon papi ne peut plus lire sa Bible. Il ne rencontre plus grand monde. Son corps est affaibli. Il n’a personne avec qui partager sa foi. Il n’a pas de grandes théories mais … la Parole de Dieu est gravée dans son cœur … et dans ce dépouillement et cette simplicité, eh bien… Dieu est là !!!
Est-ce qu’il y a quelque chose de plus important que ça ?!?
PS. Au fait, il se récite tous les jours sa prière scoute… depuis qu’il a été scout !!!
Seigneur Jésus,
Apprenez-nous à être généreux,
A Vous servir comme Vous le méritez
A donner sans compter,
A combattre sans souci des blessures,
A travailler sans chercher le repos,
A nous dépenser, sans attendre d’autre récompense, que celle de savoir que nous faisons Votre Sainte Volonté.
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Régine
Il y a des jours de vrai bonheur. Des jours qui, pour quelques heures, deviennent « le plus beau jour de ma vie ». C’est quand j’ai une tête de balai et que j’ai rendez-vous chez le coiffeur.
Eh bien justement, c’était il y a deux jours.
Elle, c’est Régine. Nos rendez-vous se chevauchaient et elle a débarqué au même endroit, accompagnée par son amie, Janine. Son grand âge ne lui permet plus de se déplacer seule.
Régine, si tu l’as rencontrée une fois… tu ne peux pas l’oublier.
C’est un personnage. Une femme au franc parler, directe, sans chichis. Quand elle est là, elle remplit tout l’espace. D’ailleurs, la première chose qu’elle a faite en arrivant, a été de venir vers moi, de me regarder droit dans les yeux et me demander si on se connaissait.
Mais bien sûr, Régine !
Lors de mon dernier passage chez le maître du cheveu, nous nous étions déjà croisées et déjà, j’avais profité de son accent chantant et de son parler direct. Ce qu’elle dit, elle le pense. Donc, si elle te dit que la coupe te va bien, c’est que vraiment, elle te va bien. Si elle ne te va pas… je ne sais pas comment elle va te le dire. En l’occurrence, la mienne m’allait bien. Ouf !
Mais ce jour-là, Régine est plutôt silencieuse. Elle est pleine de bobos et elle traîne une fatigue qui la pousse à dormir souvent. Ça ne lui ressemble pas qu’elle nous dit et du coup, son moral s’effrite un peu… et ça se sent. Elle essaie de nous prouver que malgré ça, sa vie va bien, qu’elle est bien entourée, mais le ton de sa voix nous dit le contraire. Et puis, je la sens moins loquace que lors de notre précédente rencontre.
Quant à Janine, installée dans le canapé d’attente, elle semble distante, se contentant de répondre par de brèves syllabes sur un ton plutôt sec.
Alors que ma coupe de cheveux prend vie, je me souviens de ma prière du matin : « Seigneur pour qui vais-je prier aujourd’hui ? ».
Mais à part Régine, je ne vois pas qui pouvait être candidate à la prière dans le salon lilliputien !
Régine et son fort caractère ! Régine à qui il faut parler fort parce qu’elle n’a pas mis ses appareils auditifs !!!
Oh là la ! J’ai su de suite que j’avais pas envie ! Et même si l’envie me revenait, il fallait que je fasse abstraction de la discrétion.
Je dois t’avouer que j’ai dû prier pour les avoir, l’envie et le courage.
Et puis, avant que j’aie fini d’y réfléchir, voilà qu’elle a changé de place pour s’installer au bac de lavage. Ça me compliquait encore le truc parce qu’il fallait que moi je me déplace vers elle avant que ses cheveux dégoulinent, et que je lui parle fort dans les oreilles.
Eh bien, mon S.O.S a dû marcher parce que j’ai trouvé sans effort le courage de le faire et lui demander haut et fort si elle était d’accord que je prie pour elle.
Figure-toi que je l’ai vue s’éjecter de son bac de lavage et me dire encore plus haut et plus fort : « OH OUI !!! »
Je pense que ça a été la prière la plus courte que j’aie jamais faite. Juste le temps de dire « Seigneur, bénis Régine…» qu’elle a pris le relais pour me dire qu’elle priait tous les soirs pour les siens et d’autres choses. Elle m’a expliqué où elle habitait et qu’il fallait que je passe la voir. C’était un flot de paroles dont je ne me souviens plus de tout. Mais la vie semblait être revenue, on avait retrouvé Régine.
Il n’y a pas que chez elle que la vie est revenue. Tout d’un coup, l’ambiance avait changé dans la pièce. Même Janine s’est animée. Un doux sourire habillait maintenant son visage et elle s’est mise à parler pour m’expliquer avec plein de détails où, elle aussi habitait.
Quant au coiffeur… il en est resté scotché les mains en l’air et si je ne lui avais dit au revoir, je pense qu’il serait toujours là, comme foudroyé sur place.
Tu vois, la prière c’est parfois pas plus compliqué que ça.





