brouette avec plantes grasses dans jardin
Dans mon jardin,  Nouvelles

Le chétif

 

Le jardin avait été laissé à l’abandon depuis longtemps. Trop longtemps. Il ne ressemblait plus à ce qu’il avait dû être autrefois. Tout ce qui était sauvage, robuste, résistant, tout ce qui pouvait pousser sans soins particuliers, tout cela avait pris le dessus et avait envahi la propriété.

Je suis curieuse de nature. Alors, je m’étais mise en tête de redécouvrir ce qu’il avait dû être au moment de sa création. Je voulais retrouver l’esprit qui l’avait animé autrefois, savoir qui il était vraiment et pas me contenter de ce qu’il en restait. Je me disais que sous les ronces et les lianes, les jeunes pousses de pin, il devait forcément rester quelque chose de l’éclat d’autrefois.

 

liseron sur blancheJ’ai commencé par arracher les longues lianes en surface. J’ai débroussaillé, coupé, taillé ce qui semblait encore digne d’intérêt, creusé, gratté la terre. Et c’est là, au beau milieu de ce fouillis sauvage que je l’ai trouvé. Il avait été planté là par une main inconnue. Chétif, son tronc était frêle et anémique, ses feuilles rares. De toute évidence, il avait besoin de lumière, et puis soif, et faim. De toute évidence il avait manqué de tout.

On voyait bien qu’il n’avait jamais grandi, jamais porté de fruits. Il avait été planté là et oublié. Il était là, comme s’il attendait que quelqu’un lui donne enfin quelques soins, que quelqu’un lui octroie enfin le droit de vivre et le ramène à la vie.

Je ne sais comment, mais il avait survécu. Mais juste survécu. Pas plus.

Je l’ai découvert comme un petit trésor caché, dans un environnement hostile.

J’ai commencé à m’en occuper un peu, mais tout cherchait à l’étouffer dès que j’avais le dos tourné. Sa terre était inculte, aride, sèche. Il avait besoin de plus ou … plus rien.

On a pensé à le jeter. Finalement, il n’était ni beau, ni utile. Et puis, parce que je n’aime pas jeter les plantes qui ont encore un semblant de vie (peut-être mon petit côté « sauveur »), on l’a arraché et replanté quelques mètres plus loin, dans une terre fraîche et saine, une bonne terre. Via un goutte à goutte, on a tenté de lui redonner vie.

On s’est dit : « on verra bien. Perdu pour perdu… »

On a vu…

branche d'olivier avec olives

… le petit olivier reprendre vie.  Ses racines ont aimé la terre fraîche et riche. L’arrivée d’eau lui a redonné le sourire. Il s’est ancré solidement dans son nouvel environnement et de nouvelles feuilles sont apparues, comme si ses rares cheveux s’étaient enfin mis à pousser. Puis, de nouvelles branches, longues et fines, comme des bras ouverts à la vie, ont commencé à apparaître. Il semblait danser dans le vent. Peu à peu, il prit une belle forme, ronde, harmonieuse, celle qu’il aurait dû avoir depuis longtemps. A chacun de nos passages, il nous réservait une surprise.

Et enfin, cette année, pour la première fois de sa longue vie difficile… l’olivier chétif porte enfin des fruits. Ses premiers fruits.

Quelle joie pour lui ! Quelle joie pour nous !

Quelle joie de voir que ce qui semble perdu, foutu, sans vie et désolant, tout a une chance de revivre si Le Divin Jardinier s’en occupe.

Quelle joie de savoir qu’Il est prêt à s’occuper de tous ceux qui le Lui demandent de tout leur cœur.

Quelle joie de savoir qu’Il est la seule source de vie, la seule terre fertile, la seule eau vivante, la seule voie pour une nouvelle vie…

 

1 Jean 5 :12 « Celui qui a le Fils a la vie. Celui qui n’a pas le Fils, n’a pas la vie. »

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