au féminin,  Témoignages

Où est mon espoir?

 Aperçu d’une vie plus belle

J’ai eu une enfance heureuse. Une belle maison blanche aux volets verts, entourée de nature. Les écureuils et les chants d’oiseaux, le vent dans les branches des sapins. Des parents attentionnés, un frère, et une sœur avec qui j’inventais plein de jeux.

A l’âge de 10 ans, j’ai reçu ma première Bible. Chaque semaine, nous allions prendre le goûter chez une dame puis nous lisions des histoires de la Bible. Certaines m’avaient touchée, comme celle du paralytique que ses amis amènent à Jésus.

Il m’a semblé alors comprendre qu’une vie « avec Dieu » permettait de tenir compte des autres, de trouver notre vraie place en ce monde, tandis qu’une vie « sans Dieu » nous incitait à vivre de manière égoïste, centrée sur nos propres besoins et intérêts.

Pour clore cette année, nous avons participé à un rallye dans la forêt. A l’un des postes, on recevait une cuillère à café attachée à une longue baguette. La consigne était d’attraper des pop-corn pour les manger, en tenant la baguette à l’extrémité inverse de celle où était attachée la cuillère. Impossible? Oui. Mais nous étions deux à avoir reçu une de ces cuillères spéciales. En respectant la consigne, chacun pouvait donner à manger à l’autre.

Où est ma place?

A l’adolescence, je rêvais d’un monde meilleur, un monde avec moins d’injustices, moins de guerres, plus d’amour. Le monde dans lequel je vivais ne correspondait pas à mon idéal.

J’aurais aimé partir dans le Tiers monde, m’engager dans une organisation humanitaire. J’aurais aimé ressembler à mes héros de romans. Je ne voulais plus de cette vie qui était la mienne. Je ne voulais pas grandir. Je me trouvais moche. Mon corps ne me plaisait pas. J’aurais aimé n’être qu’un esprit.

Dernière année de gymnase. Le bac se rapprochait. Cette échéance me faisait peur. Je ne voyais pas ce que je pourrais faire après. Mais je savais bien que mon avenir n’était pas ici.

Le problème, ce n’était pas les études. Etudier, c’était facile pour moi, même le ventre vide.

Le problème, c’était ma famille. Chaque repas était une catastrophe. Et je continuais de maigrir.

On me disait « mange ». Je me taisais. J’aurais pu répondre : »Vous ne comprenez pas que j’en ai marre de vivre? ».

Dieu, la solution à tous les problèmes ?

A cette époque, j’avais 17 ans,  je participais à un groupe de jeunes, qui se réunissait chaque dimanche soir pour chanter, écouter un message du pasteur, prier et réfléchir ensemble.

Un soir, après un chant qui m’avait particulièrement plu, je me suis dit : »Demain, je mange normalement. ». Sur le moment, j’en étais convaincue. Sauf que mes problèmes ne changeaient pas. Et donc, mon comportement ne changeait pas.

Week-end avec cette même équipe, dans une ancienne ferme, après Nouvel-An.

Et le soir, après cette belle journée partagée, LA question posée par le pasteur : « Qui d’entre vous veut donner sa vie à Jésus? ». Je me suis sentie touchée. J’ai dit oui. Et tandis qu’ils priaient pour moi, j’ai senti un amour immense m’envahir. C’était comme si Dieu me disait : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. » (Esaïe 43,4). « Ne crains rien, car je suis avec toi » (Esaïe 43.5). « Tu feras quelque chose de bien de ta vie. Fais-moi confiance. ». Et je me sentais incroyablement bien. en paix avec les autres et avec moi-même, réconciliée avec le monde entier. Tous mes problèmes allaient disparaître, puisque Dieu m’aimait.

Où est mon espoir ?

Six mois plus tard. C’est l’été. Il y a des barreaux à la fenêtre de ma chambre. Ils ne m’empêchent pas de voir le ciel.

La véritable prison, ce n’est pas ces barreaux. Depuis que je suis ici, j’en prends conscience chaque jour davantage : Notre prison, elle est en nous. Notre prison, c’est notre esprit, notre corps, notre cœur.

Les gens qui sont ici vont trop mal pour apprécier le magnifique parc qui entoure l’hôpital. Au début, j’avais peur d’eux. Je ne voulais pas aller « chez les fous ». Il paraît que ma vie était en danger.

En mes camarades, je découvre des êtres humains. Dans leur vie, dans leur histoire, des abîmes de souffrance.

Où est Dieu? Je ne ressens pas sa présence.

Je lui avais donné ma vie, j’avais cru ressentir son amour. Je croyais qu’il m’aiderait, que tout allait changer, mais il m’a laissé continuer à me détruire.

Alors? Me suis-je trompée? Était-ce une illusion?

Peut-il me donner une raison, une raison d’espérer?

Pourquoi toute cette souffrance? Où est Dieu? S’il existe, pourquoi ne fait-il rien?

Ma sœur m’a prêté une cassette de chansons d’un groupe chrétien, « S.O.S ». Je l’écoute tous les jours, L’une des chansons me bouleverse.

C’est l’histoire d’un homme qui marche, seul, dans la ville. Il fait nuit, il y a du brouillard. Personne en vue. Il avance sur le pont. Il s’arrête. Il regarde l’eau en bas. Et il hésite. Il hésite.

Soudains, un bruit de pas. Quelqu’un vient. L’inconnu s’approche et lui tend un livre, en disant « ami, c’est pour toi. ». Machinalement, l’homme prend le livre, s’approche d’un réverbère, et lit le titre : La Bible.

« Peut-elle me donner le secret de la vie, me procurer la joie de vivre? Peut-elle me donner une raison d’espérer? »

Au fil du temps, il découvrira que oui.

Et la chanson finit par : « Ami, prends ce livre, c’est pour toi. ».

« Comme un phare dans la nuit… »

Quatre ans plus tard. C’est l’été. vacances au Tessin avec ma famille.

Mes parents ont loué une villa sur les hauts du Lac Majeur. La vue est à couper le souffle.

Avec mon frère, nous montons sur la colline. Il a pris sa guitare. Nous nous mettons à chanter.

« Sans ta lumière, Seigneur, où irions-nous dans ce monde, perdus au large, dans le brouillard, au gré des vents … »

Je repense au chemin parcouru durant ces 4 années. Et une reconnaissance infinie m’envahit.

Mes études de psychologie touchent à leur fin. A l’université, j’espérais trouver des réponses à mes questions. Ce n’est pas aux cours que j’ai trouvé des réponses. C’est à travers ma relation avec Dieu.

Durant la première année, j’ai fait la connaissance de jeunes chrétiens. Nous avons passé ensemble tant de soirées. Ces moments de partage ont fait de moi celle que je suis aujourd’hui.

Je réalise l’importance de ne pas être seule pour vivre ma foi. Grâce à mes amis, je peux mieux comprendre l’amour de Dieu pour moi. Accepter de recevoir, accepter de donner. Vivre le partage. Développer les meilleurs aspects de moi-même.

« Comme un phare dans la nuit, tu brilles sur tes enfants, tu nous guides vers le port, au cœur de ton amour. »

J’aime cette image du phare. Une lumière pour nous guider dans l’obscurité. Pour nous indiquer la direction à suivre. Pour nous aider à braver les grosses vagues et même les tempêtes.

J’avais raison de croire à l’amour de Dieu. Même lorsque je ne percevais pas sa présence, il n’était pas très loin. Il arrive que le brouillard soit si épais qu’on ne voie plus la lumière du phare.

Et maintenant?

Vingt ans ont passé.

Seigneur « ai-je préféré chaque jour ton chemin de lumière? Toi seul le sais. » (Stan Rougier)

tu ne fais pas de moi un être parfait. Tu ne vis pas à ma place. Tu me laisses libre de mes choix, de mes décisions. Tu n’enlèves pas les épreuves dans ma vie, dans celle de mes proches.

Mais alors, qu’est-ce qui change?

Ce qui change, c’est de se savoir aimé. De manière inconditionnelle, absolue. D’un amour si grand que nous n’en percevrons jamais l’immensité, la profondeur et l’intensité.

Ce qui change, c’est de savoir que ma vie a un but. Ce but, c’est de m’approcher toujours plus de Jésus. Essayer de lui ressembler. Si seulement j’étais capable d’aimer comme Lui!

Ce qui change, c’est de savoir que Dieu est proche de moi. Il connaît mes joies, mes peurs, mes doutes, mes désirs, mes espoirs. Je peux m’adresser à Lui comme à un ami.

Ce qui change, c’est de savoir que, malgré toutes les souffrances que l’on peut vivre ou côtoyer, l’amour sera plus fort que la mort. Jésus est ressuscité. La lumière l’emportera sur les ténèbres.

Savoir cela nous rend plus forts. Nous avons un espoir. Je peux être joyeuse, même quand tout ne va pas comme je l’aimerais.

Le but de notre vie, c’est de briller comme des lumières dans le monde. Transmettre l’amour, la joie, l’espérance que nous avons reçus. Y parvenons-nous? Pas toujours. Mais lorsque nous y parvenons, cela suffit pour changer le monde.

Et toi, où en es tu aujourd’hui? Quel sens donnes-tu à ta vie? Hésites-tu quant à la direction à prendre? As-tu l’impression que ta vie n’a pas de valeur? Te sens-tu seul, enfermé dans ta souffrance?

Si c’est le cas, j’ai envie d’être celle qui viendra à ta rencontre, sur le pont, pour te dire : »Ami, prends ce livre, c’est pour toi. ».

Françoise, novembre 2014

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