Les barrières

Pardonne-nous nos offenses

Je ne l’aurais pas remarqué si tous les regards ne s’étaient soudain dirigés sur l’avant du bateau.

Ça faisait un moment déjà qu’on nous avait demandé de regagner nos places à l’intérieur. Il était l’heure de rebrousser chemin, mais depuis bien 15 minutes qu’on était installés, rien ne bougeait. On nous a alors annoncé qu’on attendait une équipe de la télévision qui faisait un reportage sur la région.

C’est là que je l’ai vu. Il voletait tant bien que mal essayant de rester stable dans le vent violent.

Cinq ou six journalistes avaient terminé leur job et s’apprêtaient à nous rejoindre. Mais le problème, c’était lui. Il ne voulait pas se laisser saisir. Il avait pris son indépendance et se moquait de son pilote. Dès qu’une main se tendait vers lui, le petit drone (eh oui !) se cabrait et s’éloignait aussitôt, comme s’il avait une pensée propre !

Je me suis surprise à me dire qu’il était peut-être « offensé »… que son pilote l’avait peut-être délaissé pour s’occuper plutôt du présentateur vedette, et, du coup, vexé, il refusait la main qui voulait l’aider à se poser.

Comme nous. 

Combien de fois on refuse la main qui se tend, l’opportunité qui se présente, le pardon qui est donné parce qu’on s’est senties… offensées, blessées ? Combien de relations brisées à cause d’offenses réelles ou… supposées ?

Offensées par l’attention qu’on ne nous donne pas, l’intérêt qu’on ne nous porte pas… ou qu’on nous porte trop.

Offensées par des mots blessants, déshonorants, mal interprétés… ou pas dits.

Offensées par des attentes mal comprises, mal exprimées… mal reçues, malvenues.

Offensées par des incompréhensions, des quiproquos, des différences, de l’humour drôle pour l’autre, pas pour moi.

Offensées par des abus de toutes sortes, spirituels, physiques, professionnels…

En fait, on pourrait trouver 86’400 occasions par jour d’être offensées, soit à chaque seconde.

Dieu lui-même peut être une occasion de se sentir offensées : lorsqu’Il ne répond pas quand on l’a prévu, comme on a prévu. Quand Il ne guérit pas. Quand le deuil et le malheur font irruption dans nos vies. Quand on ne comprend pas ou plus Dieu. Quand Il nous parle de Sa justice et que j’attends ma vengeance…

Alors, nous aussi, on refuse de se laisser approcher. On refuse Sa main. On se braque dès qu’il s’approche, on lui tourne le dos et on s’éloigne…

On s’isole et l’eau amère devient notre boisson préférée.

Quel dommage !

Quel dommage de ne pas saisir la main de Dieu, de ne pas te laisser conduire dans un lieu où ton âme trouve le repos.

Quel dommage de lutter seule contre tes tempêtes émotionnelles alors que la main apaisante de Dieu t’est offerte !

Quel dommage de te priver du Tout de Dieu. Quel dommage de te priver de TOUT son amour, de te contenter de le voir de loin, sans te laisser toucher !

Si tu savais comme Sa main est douce, aimante. Comme elle est capable de consoler ton cœur, de lui rendre sa valeur, sa dignité, son honneur. Si tu savais comme Il peut t’aider à pardonner… t’aider à aimer !

Si tu savais comme c’est bon de pardonner… pour être mieux pardonnée !

« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés… »

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2 Comments

  • Bottemanne Maya

    Merci Milvia pour cette nouvelle Nouvelle!!! Oui notre indépendance nous amène souvent loin de la paix et du pardon. Mais la main de Dieu, tendue vers nous nous assure de sa compassion et de sa délivrance!

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