• Coeur à coeur

    Confiture aux pruneaux

    C’est de saison : pruneaux, prunes, mirabelles, reines Claude et encore toutes celles que je ne connais pas !

    Un jour, je me suis retrouvée à faire de la confiture avec …. 23 enfants. Oui, oui : 23 !

    C’était dans la classe de ma fille. Elle a eu l’idée de faire de la confiture avec ses élèves de 2H. Du coup, elle avait besoin de la Betty Bossi de service pour lui donner un coup de main avec ses 23 petits de 5-6 ans !

    Je me suis retrouvée dans une pépinière de petits hommes et femmes que Dieu a imaginés depuis longtemps. Mais quelle variété ! Je les regardais et me disais qu’à cet âge-là, ils sont encore bien proches de ce que Dieu a voulu créer en chacun d’eux. Et ce qui m’a surprise, c’est que, déjà, nettement, on pouvait discerner leur personnalité. A cet âge, Ils n’ont pas encore eu le temps de maquiller leurs émotions, leur cœur, leurs désirs. Ils sont encore vrais, nature !

    Il y a chez une, la douceur. Chez l’autre déjà un étonnant esprit de service. Chez un autre, la naïveté, la rêverie. Il y a celle qui s’applique à couper ses pruneaux tout petits et l’autre pour qui, plus c’est gros, plus ça ira vite. Et puis, il y a celui qui s’émerveille de trouver un noyau dans chaque pruneau, comme un jouet dans un Kinder suprise !

    Mais déjà, si petits, on peut discerner chez l’un l’esprit rebelle, chez l’autre la séduction, chez une autre ou un autre… des traces de blessures, déjà ! La vie les a déja pris dans son filet et peu à peu, ils vont apprendre à maquiller leur coeur, à mettre des masques.

    Les confitures finies, il y a eu le cercle de la fin où ils se sont assis autour de leur maîtresse qui leur a posé une question : « De quoi êtes-vous fiers aujourd’hui ? » Ils semblaient tous fiers d’avoir été à la piscine le matin même, mais de cette fierté d’ enfants, qui ne cède rien à l’orgueil… juste fiers !!!

    Je me suis surprise à me poser la même question : « De quoi es-tu fière, Milvia ? »

    Difficile question en fait… Si tout me vient de Dieu, de quoi puis-je être fière ?

    Si je devais dire de quoi je ne suis pas fière, je crois que ce serait plus facile. Mais de quoi suis-je fière sans que cela engendre tout de suite de l’orgueil ?!?

    Après réflexion, et bien, je crois sincèrement que je suis fière d’appartenir à Dieu, je suis fière d’être greffée à Jésus et je suis particulièrement fière lorsqu’il m’utilise pour le servir ! Je suis fière d’être un vase d’argile qu’il façonne à sa guise et je me réjouis de l’œuvre finale que je vais être !

    Et toi, de quoi es-tu fière ?

    « Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de l’intelligence et de me connaître, de savoir que je suis l’Eternel, qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre; Car c’est à cela que je prends plaisir, dit l’Eternel. » Jé 9 : 24

  • La prière ça marche ?!?

    C’est si simple !

    « Des années. Des années, Seigneur, que je prie pour trouver quelqu’un qui partage ma foi dans ce coin de paradis où je passe mes étés !

    Bien sûr que je prie pour l’un, l’une ou l’autre. Bien sûr ils reçoivent l’intention, mais de là à partager avec un cœur ouvert Ton Amour de Père… il y a un gouffre encore !

    Sauf que cet été … eh ben, je ne m’attendais pas à ça !!! »

    ****

    Je l’avais rencontré il y a 3 ans à la fête des voisins. Il venait d’emménager dans le quartier. Ouvert, intéressant, il avait le contact facile.

    Je l’ai revu l’an passé. Juste une fois. Il m’avait donné un avis sur Israël, lui qui est né au Moyen-Orient, et j’en avais été surprise. Ça tranchait avec tous les qu’en dira-t-on du moment. Je m’étais promise d’aller le trouver, mais les vacances sont passées trop vite.

     Cette année, pas de fête des voisins, car toute la famille a débarqué chez nous en trombe !

    Mais, je l’ai croisé un jour sur le chemin du retour du marché. Il avançait lentement, avec peine. Vu son trèèès grand âge, ça ne m’a pas étonnée. Je l’ai attendu pour traverser la route et il m’a reconnue :

    « Vous êtes ma voisine ?!? »

    J’en ai profité pour reprendre la conversation laissée en suspens l’année dernière. Il m’a alors dit qu’il était seul la journée mais qu’il passait son temps avec Le Père. Tu penses bien que j’ai pas hésité longtemps à aller le voir !!!

    « Alors, c’est là que tu m’as préparé une surprise, Seigneur ! »

    On a parlé de nous, de lui, de sa vie au Moyen-Orient si différent d’aujourd’hui, de sa famille, de ses souvenirs d’un autre temps. Et puis, vu qu’on a le même Père, on a prié. Comme il ne voit plus très bien, je lui ai lu un psaume. J’ai prié comme moi je le fais d’ordinaire, avec mes mots, en spontané. Il en a pleuré. Et puis, il m’a dit que c’était à son tour de prier à sa façon (il dit que les différences sont une question d’éducation et que ça n’est pas important) en me faisant écouter un chant : You rise me up.

    Alors là, dans son salon, lui avec sa voix toute éraillée par le temps et moi avec la mienne qui vaut ce qu’elle vaut, on a chanté ensemble… tout simplement.

    « Et Seigneur, tu étais là !!! Autant lui que moi on a senti ta présence, tellement réelle, tellement forte. On a senti Ton Amour, là, tout près de nous, alors, on a pleuré !!! »

    ***

    Tu vois, toi qui me lis, j’ai compris une chose : mon papi ne peut plus lire sa Bible. Il ne rencontre plus grand monde. Son corps est affaibli.  Il n’a personne avec qui partager sa foi. Il n’a pas de grandes théories mais … la Parole de Dieu est gravée dans son cœur … et dans ce dépouillement et cette simplicité, eh bien… Dieu est là !!!

    Est-ce qu’il y a quelque chose de plus important que ça ?!?

    PS. Au fait, il se récite tous les jours sa prière scoute… depuis qu’il a été scout !!!

    Seigneur Jésus, 

    Apprenez-nous à être généreux,

    A Vous servir comme Vous le méritez 

    A donner sans compter, 

    A combattre sans souci des blessures,

    A travailler sans chercher le repos, 

    A nous dépenser, sans attendre d’autre récompense, que celle de savoir que nous faisons Votre Sainte Volonté.