-
Quelques instants
Je m’étais préparée, j’avais annulé mon rendez-vous chez le physio, installé les chaises de jardin pour pouvoir bien voir le spectacle du siècle depuis chez moi. Je ne voulais surtout pas rater, toute proportion gardée, notre « 11 septembre » local.
Elles avaient toujours été là, dans mon champ de vision, faisant partie de ma vie. Elles culminaient à 100 m de hauteur ; c’est beaucoup dans un paysage. Et je ne les remarquais même plus tant j’y étais habituée. C’étaient plutôt les amis de passage qui me demandaient ce qu’étaient ces hautes tours dans la plaine.
Jamais je n’aurais pu imaginer qu’elles quitteraient définitivement mon champ de vision. Jamais je n’aurais pensé les voir tomber un jour.
Je m’attendais à une grosse explosion, à une énorme fumée, à des oiseaux apeurés qui s’envolent, aux vitres qui tremblent… à quelque chose de spectaculaire, quoi.
Mais non.Le temps d’un petit pincement au cœur pour une page d’histoire qui se tournait… et quelques secondes plus tard, elles n’étaient plus là.
Quelques secondes ont suffi.
Quelques secondes pour qu’elles disparaissent de mon horizon et de ma vue.Elles m’ont fait penser à ces hauts murs, ces forteresses, ces Goliath présents dans nos cœurs depuis si longtemps qu’on ne s’en rend même plus compte. Ils font partie de nous.
Toutes ces peurs, ces rancunes, ces vieilles blessures, ces héritages émotionnels profondément ancrés qui nous ont façonnés.Ces maladies qui nous définissent, un peu comme cette femme à la perte de sang dont on ne connaît même pas le prénom.
Parfois, ce sont les autres qui nous font remarquer ces petits travers que l’on ne voit plus, et qui nous font répondre :
« C’est comme ça, ça a toujours été comme ça, et ça ne changera pas. »Et pourtant…
Il n’a fallu que quelques secondes pour les abattre concrètement toutes les deux, l’une après l’autre, comme dans une révérence finale.
Le règne des hautes tours est terminé.Un instant…
Un petit pincement au cœur, quand même…
Une page d’histoire qui se tourne…
et c’est fini.
Elles ne me manquent pas.Alors, si tu laissais Dieu visiter tes vieilles tours, tes douleurs, tes héritages…
Il ne lui faudra pas longtemps pour les faire tomber et changer ton horizon.
Si mes tours de pierre sont tombées par les mains des artificiers, les tiennes peuvent aussi céder sous la grâce de Dieu, bien plus puissante que n’importe quelle dynamite.Laisse-le seulement agir.
Laisse-le trouver la racine de ta tour … il saura la faire tomber.
Sous sa main, elle ne pourra pas résister.Ta part, c’est de le laisser faire.
En quelques secondes, une vie peut basculer.
Ton avenir peut s’alléger.
Des habitudes peuvent tomber.Son amour pour toi est assez grand pour t’aimer telle que tu es déjà.
Mais son cœur de Père désire plus pour toi : plus de liberté, plus de joie, plus d’amour à partager.Il est Dieu.
Celui qui t’a voulue et créée.
Celui qui fait toutes choses nouvelles.Celui qui était assis sur le trône dit : « Voici que je fais toutes choses nouvelles ». Il ajouta : « Ecris cela, car ces paroles sont dignes de confiance et vraies. » Apocalypse 21. 5
-
Je suis là
« Mamie !!! »
« Je suis là ! »
« Ah ! »
Une nuit de plus où il m’appelle mon petit loulou no 1 en vacances chez nous pour la semaine.
Une nuit de plus où il m’appelle juste pour vérifier que je sois bien là, pas trop loin de lui (des fois que mamie ait fugué. LOL).
Il a besoin d’être rassuré. Juste ça : rassuré. Rien de plus et il se rendort.
Il a besoin de savoir de façon concrète qu’il peut me faire confiance. Il a besoin de tester ma fidélité. Alors, la nuit, il m’appelle, juste une fois pour savoir si je suis bien là où j’ai dit que je serai. Il a besoin de ça pour vaincre ses peurs, besoin de savoir que je fais ce que je dis et qu’il peut compter sur moi.
Et moi, j’y tiens à sa confiance, même si ça me coûte de devoir me lever la nuit. Parce que sa confiance, elle est précieuse pour moi. Elle peut vite être perdue et je sais que ça peut être long à récupérer.
Alors, la nuit, à son premier appel, je lui réponds aussi fort qu’il m’appelle : « Je suis là ! »
Moi aussi j’ai besoin d’être rassurée. Moi aussi je marche à la confiance. C’est un peu mon baromètre relationnel. J’ai besoin de faire confiance à ceux qui m’entourent pour vivre paisiblement. J’ai besoin de le vivre de façon concrète. Je n’aime pas les mots juste dits comme ça ou les belles paroles qui n’aboutissent à rien. J’ai besoin que ma confiance s’appuie sur des actes. Parce que ma confiance je la sais fragile : elle peut se casser très vite … et ça met du temps à être restauré.
« Jésus ! »
« Je suis là ! »
« Ah ! »
Comme mon petit loulou no 1, souvent je l’appelle au secours (souvent mais pas assez).
Comme mon petit loulou no1, j’ai besoin de savoir que Jésus est près de moi, avec moi. (Il me faut l’appeler plus souvent)
J’ai besoin de le savoir non pas de façon abstraite, mais j’ai besoin de le voir agir dans ma vie, dans mon quotidien. Par des actes. Et Il le sait.
J’ai besoin qu’elle soit solide ma confiance, pour vaincre mes peurs (c’est fou comme il y en a toujours !).
Alors chaque jour un peu plus, j’apprends à faire confiance à Dieu. Et je le vois, particulièrement ces derniers temps… concrètement.
J’ai oublié le pain… il met une boulangerie sur ma route.
J’ai besoin de repos… il me déplace un rendez-vous.
J’ai besoin de rire… il me met dans des situations cocasses.
J’ai besoin d’encouragements… je reçois le message d’une amie.
J’ai besoin d’air… il programme le soleil !
J’ai besoin d’être rassurée… je reçois juste le téléphone que j’attends depuis si longtemps.
Chaque jour, Il répond. Chaque jour, Il est là, chaque jour Il pourvoit, quels que soient mes besoins. Il Lui arrive même de changer mes circonstances et de me surprendre. (Ah ça… j’aime tellement Ses surprises divines !!!)
Il agit, pas forcément toujours où je l’attends, mais où Il a décidé que c’était important pour moi. Et c’est tellement mieux comme ça !
« Recommande ton sort à l’Eternel, mets ta confiance en lui, et il agira. Psaume 37.5





