• image contenant des papillons coincés dans une bouteille
    Dans mon jardin

    Dans un souffle

    L’élastique a lâché.

    En l’occurrence, le mien.

    Résultat d’un trop plein de tout, de tiraillages de tous côtés, de coups de toute sorte et je me suis retrouvée à plat, sans ressort. C’est comme si trop d’émotions, de hauts et de bas, ont trop tiré sur l’élastique et elle a cassé.

    Plus rien ne passe.

    Je me suis retrouvée comme enfermée dans une bouteille.

    Eh bien je peux te dire que ça fait bizarre d’être dans une bouteille avec un bouchon bien fermé !!!

    N’avoir envie de rien, ni de voir personne. Ne plus m’émerveiller du printemps, des fleurs à foison et des oiseaux qui chantent. Les batteries complètement déchargées, même le shopping ne m’intéressait plus, ni la peinture d’ailleurs et encore moins l’écriture.

    Même l’envie de parler à Dieu me semblait une montagne !

    J’ai juste trouvé la force de Lui dire que je n’allais plus Le chercher, je n’y arrivais plus. C’était à Lui de me trouver… et de recharger mes batteries, comme Il voulait, parce que moi je ne savais plus comment.

    Il m’a entendue.

    Comme pour Elie, elle n’a pas été spectaculaire son intervention. Ça n’a pas été un coup de tonnerre, ou un coup de foudre soudain pour je ne sais quel nouveau sac, robe, ou chaussures.

    Ça n’a pas été non plus une révélation de premier ordre, une grande prophétie ou un nouveau projet super motivant qui m’aurait tirée de l’avant.

    Non.

    Ça a commencé petit, tout petit, comme dans un souffle doux et léger, un premier pas à poser :

    « Qu’est-ce qui te motive un tout petit peu Milvia aujourd’hui ? »

    Oh pas grand-chose, mais l’idée de planter deux minis-arbres dans mon potager traînait un peu dans ma tête. Pas vraiment un grand désir, mais juste une petite envie que je me suis forcée à mettre en route en évitant de me poser trop de questions… et tant pis si le citronnier ne tiendra pas l’hiver.

    Et puis, comme à chacun de mes anniversaires, un repas au restaurant était au programme, sans que j’arrive à m’y projeter. Il a fallu attendre deux jours pour que je me force à dire oui… mais la décision du « où » restait encore trop dure à prendre. 

    Mais tu vois, c’était sans compter la bonté de Dieu.

    Mon mari a eu une idée du « où » mais le « où » en question est souvent plein des semaines à l’avance. On a téléphoné à tout hasard à la dernière minute et … il restait une table… juste pour nous deux, réservée par Dieu j’imagine.

    En fait, c’est exactement cet endroit qui trottait dans mon cœur. Non seulement parce que la nourriture y est excellente mais le sourire et l’amabilité du personnel le sont encore plus.

    Et je n’ai pas été déçue. Le sourire était au rendez-vous et le reste aussi.

    Alors, j’ai apprécié la cuisine.

    J’ai apprécié le temps à deux.

    J’ai apprécié le cadre.

    Mais surtout j’ai apprécié le sourire et la gentillesse naturelle de la serveuse.

    C’était exactement ce dont j’avais besoin et Dieu le savait si bien ! Une bonne dose de sourire et de bonne humeur et mes batteries ont commencé peu à peu à se remplir à nouveau, de joie, d’envies, de paix !!!

    Comme Elie au fond de sa caverne, moi au fond de ma bouteille, je n’arrivais plus à rejoindre Dieu. Mais rien n’est impossible à Dieu.

    Comme pour Elie, il ne s’est rien passé de spectaculaire : pas de tonnerre, pas de grand vent, pas de feu… juste un souffle doux et léger où :

    Il a pris soin de mon corps par un bon repas.

    Il a pris soin de mon âme par des sourires.

    D’autres « clins Dieu » ont suivi ici et là par la suite.

    Rien de spectaculaire. Et pourtant, Il était là

    Il est bon dans la joie et dans la détresse… et je le sais.

    Et depuis deux jours surprise ! Il a beaucoup plu dans mon jardin et, dans le muret de pierres, dans une terre plus qu’aride, quelque chose que je n’ai pas planté, a pointé le bout de son nez. Une fleur.

    Une belle fleur.

    Comme une promesse ou un petit clin Dieu ?!?

    Alors, va savoir, peut-être que mon citronnier tiendra l’hiver !?

    «  SEIGNEUR, tu regardes jusqu’au fond de mon cœur et tu me connais.

    Tu sais quand je m’assois et quand je me lève, longtemps à l’avance, tu sais ce que je pense.

    Tu sais quand je marche et quand je me couche, et tu connais toutes mes actions.

    Je n’ai pas encore ouvert la bouche, tu sais déjà tout ce que je vais dire !

    Tu es derrière moi, tu es aussi devant moi, tu poses ta main sur moi.

    Tu me connais parfaitement. Pour moi, c’est trop beau, cela dépasse tout ce que je peux comprendre.

    Où aller loin de toi ? Où fuir loin de ton regard ?

    Si je monte au ciel, tu es là, si je me couche au milieu des morts, te voici.

    Si je m’envole sur les ailes du matin pour aller au-delà des mers,

    même là, tu me conduis par la main et tu me tiens solidement. »

    Psaume 139.1-10

    Bien à vous !

  • Coeur à coeur

    Le regard de David

    Voilà, après une petite pause, j’ai repris mes pinceaux. La saison s’y prête, et mon emploi du temps aussi.

    Je me suis demandé par quoi recommencer, quelle est ma zone de confort, celle qui va me permettre de me remettre en confiance ?
    Qu’est-ce qui m’inspire aujourd’hui ? Qu’est-ce que j’ai envie d’explorer ?

    Et, étonnamment… c’est les yeux, ou plutôt : le regard. Bon, je t’avoue, c’est pas vraiment ma zone de confort. Mais c’est clairement celle qui me motive en ce moment, va savoir pourquoi !

    Qu’est-ce que l’œil regarde ? Et surtout… qu’exprime-t-il ?

    Parce que peindre un regard, c’est pas si simple. C’est subtil. Tout est dans les détails, dans les nuances : une lumière trop forte, un point blanc mal placé, une ligne trop courbe — et l’expression change.

    Explorer un regard, c’est un peu comme explorer le cœur. On ne triche pas avec les yeux.
    La bouche peut dire une chose… eux racontent le fond du cœur.

    Ne dit-on pas qu’ils sont le miroir de l’âme ?

    Un regard, c’est raconter une histoire… sans la montrer.

    Alors si je devais peindre ton regard, là, maintenant… que raconterait-il ? Quelle histoire cachée voudrait-il me dire ?

    Est-il tourné vers le soleil qui se lève sur une journée pleine de promesses ?
    Ou fixé sur un géant devant toi ?

    Y a-t-il cette petite lumière qui brille, celle d’un cœur léger, joyeux ?
    Ou est-il assombri par un Goliath qui se dresse à l’horizon ?

    Que regardes-tu ?
    Et surtout… comment le regardes-tu ?

    Avec les yeux de Saül, le géant sera invincible. Ton regard se baissera, tes paupières s’alourdiront… Et tu te sentiras vaincue avant même d’avoir essayé, parce que tu ne verras que la taille du géant.

    Mais si, d’un simple coup de pinceau, on changeait ton regard pour lui donner l’éclat du vainqueur ?

    Ce regard qui ne fuit pas.
    Qui regarde droit devant.
    Ce regard de guerrière qui voit le problème sans le nier.

    Parce que…

    Ton Goliath n’est pas trop grand pour toi.
    Il est trop grand pour que tu le manques.

    Ton Goliath n’est pas trop grand.
    Il est exactement à la bonne taille pour ta fronde.

    Et surtout…
    Ce n’est pas toi qui te bats seule. Dieu combat pour toi.

    Alors regarde-le comme David.
    Droit dans les yeux.

    Prépare ta fronde.
    Prépare ta prière.
    Vise juste.

    C’est Dieu qui arme ton bras.

    Ne fuis plus.
    Affronte-le.

    Tu n’es pas seule.
    Ton Roi est avec toi.

    C’est ce regard-là que je veux peindre.

    « Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous ? »  Romains 8.31