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la 7ème année
« Pendant six ans, vous sèmerez des graines dans vos champs et vous récolterez leurs produits.
Mais la septième année, vous laisserez la terre se reposer et vous ne récolterez rien. Les pauvres parmi vous y trouveront leur nourriture, et les animaux sauvages mangeront ce qu’ils laisseront. Vous ferez la même chose pour vos vignes et vos oliviers. » Exode 23.10-11
C’est une année bizarre la 7ème année. C’est celle où Dieu avait ordonné au peuple de laisser la terre en jachère, sans récolte et sans travail. Une année de repos pour honorer Dieu et la laisser donner ce qu’Il voudra bien qu’elle produise.
J’ai l’impression de vivre ma 7ème année. Après toute l’intensité de la précédente, celle-ci me semble drôlement « calme », comme si mon temps avec Dieu était suspendu. Comme si le vouloir et le faire m’étaient retirés. Comme si j’étais mise à part, cachée dans le creux de Sa main. Un peu comme si j’étais en jachère. Est-ce que c’est pour ça que j’avais programmé en décembre dernier la publication d’une histoire par mois mais… tirée de mes archives ?!? Est-ce que Dieu m’en parlait déjà ?!?
Ça fait un peu bizarre quand même… d’autant plus que ça correspond à mon année de retraite (Oups !).
Ça m’inquiète même un peu parfois : Est-ce que Dieu en a vraiment fini avec moi ?!? Est-ce que je ne sers plus à rien ?!? Est-ce que mon Grand Patron aurait décidé de me faire jouir de ma retraite ?!?
Est-ce que je devrais m’agiter un peu plus, me structurer, me motiver, m’organiser, me connecter… enfin bref, faire quelque chose quoi !?!
Mais en fait… j’ai juste pas envie !!! C’est tout !
Et pourtant…
Ça n’est pas parce que je suis en jachère que je ne vois pas la main de Dieu sur moi. Régulièrement, il déverse sa pluie de bénédictions dans ma vie. Sa pluie parfois si fine que je dois bien y prêter attention. Fine mais si bienfaisante.
Il prend soin de ma terre, ça c’est sûr. Mon Laboureur veille sur moi. Il s’assure que je continue à être arrosée, nourrie. Il se révèle à moi d’une profondeur toute nouvelle.
Alors, à force, je commence à voir des graines oubliées regermer. D’autres, enfouies depuis longtemps ont refait surface. Des dons oubliés, des envies enterrées, des savoirs délaissés, des amitiés négligées. Tout cela semble reprendre vie, comme si un champ nouveau se préparait, en douceur, dans Son secret.
Ce qui ne portait plus de fruit se dessèche peu à peu et tombe à terre. Ce qui ne doit pas être est emporté par le vent. Une année où Il me redonne … Une terre nouvelle se prépare.
Une année de restitution. Quatre saisons pour apprendre à laisser le Laboureur faire son œuvre en moi, me révéler qui je suis. Une année à me permettre de ne pas avoir envie et Le laisser me la redonner, l’envie, selon son cœur à Lui.
Ça te parle ?!? Tu as aussi l’impression d’être en retraite de Dieu ?!? C’est peut-être aussi ta 7ème année, une année de repos, une année de restitution. Prends patience, regarde, reçois, laisse partir ce qui ne doit plus être. Son plan s’accomplit toujours au moment voulu. Ne t’inquiète pas.
Savais-tu que les graines de coquelicot se cachent dans le sol, dans le plus grand secret, jusqu’à ce que la terre soit à nouveau labourée et que les fleurs apparaissent quand la concurrence est absente ?!?
Alors, tu vois, j’ai hâte de voir les coquelicots fleurir dans mon champ !

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T’es où ?!?
« Coucou ? Il est où Paul ?!? »
Normalement, avant que j’aie fini de prononcer la phrase, je le vois bondir de sa soi-disant cachette, un sourire vainqueur sur sa petite frimousse blonde.
Normalement. Parce que là, j’ai beau dire la phrase magique, rien. Il ne bronche pas. Je recommence une fois, deux fois… toujours rien. Pourtant, je le vois bien dans sa cachette de polichinelle. Qui ne le verrait pas d’ailleurs !?! Ses petits pieds me font de l’œil sous le rideau transparent !
Mais pas un geste, il ne bronche pas, ne parle pas, ne bouge pas, respire à peine. Bizarre !
Son frère vient à la rescousse et prononce à son tour la phrase magique : « Coucou Paul ? Tu es où ?!? ». En vain. Toujours pas un geste. Une vraie momie.
Étonnant pour un enfant de 2 ans cette longue immobilité. Se serait-il inventé de nouvelles règles connues de lui seul ?!? Aurait-il un problème ?!?
Le « problème » je l’ai compris lorsque, finalement, il s’est laissé trouver par son frère.
J’ai compris lorsque j’ai vu dans sa petite main potelée l’objet du délit : quelques feuilles d’une de mes plantes d’appartement que je lui avais bien commandé de ne pas arracher. Quelques feuilles qu’il n’osait pas me montrer. Un tout petit délit qui avait mis à mal sa conscience… Un tout petit délit qui l’a poussé à se cacher.
Un peu comme mes petits « délits » à moi, mes petits soi-disant « riens » que je me cache et que je cache à Dieu. Ces petits « riens » qui repoussent les limites de ma conscience. Ces petits « riens » que je veux cacher à Dieu… et qui me privent de Lui.
Ca t’arrive aussi de te demander pourquoi ta relation à Dieu ne fonctionne plus aussi bien, plus aussi facilement ?!? C’est peut-être la faute à un petit « rien !
C’est peut-être une petite rancune, un pardon difficile à accorder, des mots prononcés trop vite et trop mal, une colère qui vient dormir avec toi… Toutes ces petites choses qui mettent un rideau entre Dieu et toi.
Mais Dieu te voit… et te cherche : « Où es-tu ? ». Drôle de question parce qu’Il sait très bien où tu es. Tes pieds dépasseront toujours ! Mais ce qu’Il veut, c’est te l’entendre dire : « Je me suis cachée parce que… ».
Et si comme mon petit Paul, tu te laissais trouver là où tu en es ?!?
Si tu sortais de derrière ton rideau pour confier à Dieu ces petits riens un peu « encombrants » ?!?
Si tu Le laissais visiter ton cœur dans ses parties les plus cachées…
Tu le reverrais sans filtre. Tu retrouverais la douceur de Sa présence. Tu te sentirais vivante et libre à nouveau…
« La main du SEIGNEUR n’est pas trop faible pour vous sauver, c’est sûr. Il n’est pas trop sourd pour vous entendre.
Mais ce sont vos fautes qui mettent une barrière entre vous et votre Dieu. S’il s’est détourné de vous pour ne plus vous voir ni vous entendre, c’est à cause de vos péchés. » Esaïe 59.1-2




